Editorial

Novembre 2016

POURQUOI LA CANNE BLANCHE EST L'ENNEMI PUBLIC NUMÉRO 1 DES FUTURS AVEUGLES ?

L’HISTOIRE

L’histoire débute entre le 4ème et le 5eme siècle avant JC où un athénien roi des orfèvres courtisait le trône de Denys, tyran de Syracuse Ce roi athénien complimentait le tyran Denys sans cesse, lui disait toujours qu’il enviait son existence. Agacé par cet envie, Denys en eut assez, il ordonna au roi athénien de prendre sa place une journée durant, afin de lui prouver que sa vie n’était pas si agréable. Au cours du banquet, le roi athénien leva les yeux et s’aperçut qu’une épée était suspendue au dessus de sa tête accrochée par le tyran. Cette épée n’était retenue que par un fin crin de cheval. Elle pouvait donc s’abattre sur le roi athénien à tout moment. Malgré sa demande, L’athénien ne pu quitter sa place et dû finir le festin avec ce danger pesant au-dessus de lui. Ce roi eut le temps de réfléchir sur sa condition et sur la valeur de la vie. Ce roi athénien s’appelait Damocles. C’est pourquoi depuis le 19ème siècle, on parle d’une « épée de Damoclès » pour décrire une situation particulièrement dangereuse ou pénible.

Lorsqu’on dit, « avoir une épée de Damocles » c’est lorsque qu’une personne doit faire face à un danger constant.

L’ANALYSE

Le danger constant des personnes qui perdent progressivement la vue et leur autonomie est de savoir qu’ils seront obligés d’un moment à l’autre d’utiliser la Canne blanche.

Cette canne suspendue au dessus de nos têtes comme l’épée de Damocles nous indique que c’est la fin de tout, de notre vie sociale, de notre vie professionnelle car elle va stigmatiser. En effet, elle renvoie à la pauvreté, au misérabilisme, à l’incapacité. Certains d’entre nous malvoyants n’osent pas sortir de chez eux avec une canne banche parce qu’ils n’aiment pas l’image qu’ils peuvent renvoyer. Cette canne banche est un danger permanent à éviter au maximum, ce qui fait de nous des Damoclès.
Nous refusons d’utiliser la canne banche surtout à cause d’un mot responsable de nos freins. Ce mot est si fort que nous avons du mal à l’accepter. Il nous ramène à cet état difficile à entendre. Ce mot dur qui nous défini comme des personnes limitées, incapables est le mot « handicapé ».
Certaines personnes qui perdent progressivement la vue ont un rapport difficile avec la canne blanche qui est pour elles le symbole de leur handicap qu’elles n’acceptent pas.
Majoritairement, dans l’esprit de notre société, il est mal vu d’être une personne handicapée. Etre reconnu comme handicapé signifie dans l’esprit des valides (pas tous) être une personne limitée et inutile à la société. Le mot « handicapé » a toujours été difficile à accepter pour bon nombre d’entre nous malvoyants. Nous sommes même parfois hypocrites envers nos compères non-voyants car nous considérons que nous ne sommes pas comme eux, que nous avons encore une petite vue, qui nous autorise à appartenir au monde des voyants et nous nous disons que les non-voyants, eux, sont handicapés, alors que nous, malvoyants , ne le sommes pas.
D’ailleurs quelle est l’origine de ce mot cruel: « handicap » ?
Retournons un peu dans l’histoire et mettons-nous dans le contexte de l’époque.
D’après les historiens, l’étymologie « handicap » nous vient de l’anglais. Si on s’attache à la sémantique du mot, « handicapé » à l’origine il n’était pas associé à ceux qui avaient une capacité en moins.
Le terme « handicap » vient de la contraction de trois mots anglais: Hand in cap » qui signifie , « la main dans le chapeau ». C’était un jeu, un système de troc d’objets entre deux participants. Un arbitre, le « handicapper » déterminait la différence de valeur des deux objets, puis il déposait la somme compensant la différence dans un chapeau. C’était donc un système d’échange où l’on recherchait l’équité.
Vers le XVI siècle, ce mot était appliqué à la compétition équestre. Lorsque deux chevaux de calibres différents concourraient ensemble, le meilleur était lesté d’un poids appelé « handicap » afin de mettre une égalité entre les deux chevaux. Le handicap était donc ici aussi un système qui permettait d’améliorer et maintenir l’égalité de chance, l’équité.
Les paris se faisaient donc au hasard, l’issue de la course étant incertaine. Autant mettre alors tous les noms des chevaux au fond d’un chapeau et tirer au sort le nom du futur vainqueur. Par la suite, ce système fut étendu à différents sports en Grande Bretagne.
Au fil des années, le terme est devenu péjoratif, on ne sait pas vraiment quand ce terme est passé de la limitation des aptitudes des meilleurs chevaux à celle des capacités humaines. Le terme » Handicapé » a évolué progressivement. Il a remplacé les termes: infirme, invalide, paralysé, mutilé, etc.; des termes à l’époque qui portaient des connotations péjoratives et dévalorisantes.
Aujourd’hui, dans notre société, être une personne handicapée signifie être une personne limitée de toute chose par son état physique ou mental.
Aujourd’hui, le terme « handicap » est utilisé très largement et dans tous les domaines, pour indiquer un désavantage, qu’il soit économique, social, physique etc.
A partir de 1980, le mot handicapé fut validé par l’OMS, définissant une personne handicapée comme étant une personne dont l’intégrité physique ou mentale est diminuée, soit congénitalement, soit sous l’effet de l’âge, d’une maladie ou d’un accident, de sorte que son autonomie, son aptitude à fréquenter l’école ou à occuper un emploi s’en trouvent compromises, ajouté à cela l’aspect social que cela implique, afin de mieux prendre en compte les facteurs environnementaux.
Sacré parcours pour ce mot « handicap »

Accepter de savoir qu’on va perdre progressivement son autonomie et utiliser la canne blanche est une étape très difficile à surmonter surtout lorsqu’on a eu une bonne vision par le passé. Chez de nombreux malvoyants, le déni peut prendre des mois, des années à être surmonté. Les symptômes de ce déni sont : l’agressivité, la dépression, l’alcoolisme, la tabagisme, la négligence etc.
Pour combattre cet état, il est important de se motiver. La motivation ne vient pas du jour au lendemain. C’est un état psychologue qui se construit par la volonté.
Nous ne pouvons pas décider du jour au lendemain de vouloir utiliser la canne blanche.
C’est toujours difficile de décider de commencer à utiliser la canne blanche. Nous passons des phases d’analyse, à nous poser des questions avant de passer à l’action. Le moment parfait n’existe pas, il y aura toujours des obstacles, des échecs. Si nous attendons que tous les feux soient verts avant de nous décider de sortir avec la canne blanche, nous ne nous lancerons jamais. Nous devons cesser de planifier et agir.
Des psychologues ont étudié des milliers de cas d’échec. Ce qui ressort de leurs recherches c’est qu’ils ont pu démontrer que le manque de décision est en tête de la liste des causes majeures de l échec. L’indécision est un ennemi que nous devons vaincre. Beaucoup d’entre nous malvoyants ne sont pas prêts à prendre une canne blanche, parce que cette canne blanche va symboliser le handicap. Nous ne décidons pas de prendre cette canne parce que nous avons peur des opinions des autres, de nos proches ou de ceux de l’extérieur.
Nous pouvons tous avoir des tas d’opinions sur nous-même et envers les autres. Si nous nous laissons influencer par des opinions lorsque nous voulons prendre cette décision, nous n’arriverons jamais à nous décider car nous nous fions trop au regard des autres.

SE SERVIR DE SA CANNE BLANCHE COMME UN ACCESSOIRE NOBLE 
Les malvoyants qui ont une grande confiance en eux donnent souvent l’impression d’être des supers hommes. Pourtant c’est tout simple: ils se sont lancés des défis, se sont motivés et remotivés petit à petit jusqu’à devenir ce qu’ils sont aujourd’hui.
Des petits défis apportent de maigres résultats. C’est comme un petit feu. Il donne peu de chaleur si vous manquez de persévérance. Combattons cette faiblesse en stimulant notre désir d’utiliser la canne banche jusqu’à ce que ça devienne obsessionnel.
Utiliser une canne blanche c’est avant tout prendre conscience de sa SÉCURITÉ et surtout la considérer comme une AIDE À SA MOBILITÉ. La canne est comme un radar, un moyen de signaler notre présence dans la rue sans parler. Les gens feront attention à nous et nous proposeront parfois même leur aide.
La canne banche nous permet d’éviter les petits accidents, les poteaux dans la rues, les bobos, les bousculades, etc.
Elle peut même nous servir comme outil de séduction. Comme dit Gérard MULLER (L’aveugle insensé) : « Il faut savoir se servir de sa canne blanche comme un accessoire noble et même comme un outil de séduction. »
Pour essayer de changer le regard des autres envers nous qui utilisons la canne blanche, nous devons nous même commencer par changer nos expressions. Nous pouvons par exemple changer l’expression « j’utilise une canne blanche » par l’expression « je porte une canne banche ». Le mot porter est différent du mot utiliser. Porter un accessoire évoque la même chose que de porter un sac Channel, une belle montre Rolex ou un beau bracelet. Ca influence de façon sympathique le phénomène. Si on se réfère un peu aux handicapés moteurs, il est plus sympa de dire un « fauteuil roulant », que de dire « chaise roulante ». Parce que l’expression fauteuil fait penser au confort.
Tiens voici une idée: Et si on essayait même d’apporter un peu de folie dans notre imagination. Imaginons que l’on puisse créer une nouvelle génération de canne blanche. Il s’agirait d’aller plus loin en créant des modèles différents de canne banche ou de manche (embout) qui peuvent être interchangeables. Imaginons que nous puissions changer les manches de nos cannes selon les saisons comme lorsque nous changeons nos tenues vestimentaires selon les saisons; on pourrait donc accessoiriser la canne blanche, changer le manche classique tout noir selon nos humeurs du jour en dévissant et en le remplaçant par d’autres manches: en velour, en fourrure, en cachemire, en din. etc. Allons même plus loin dans l’imagination, pourquoi ne pas avoir des modèles de canne blanche de marque: Channel, Prada, Louis Vuitton, Gucci. Là je pense que la canne blanche serait perçue autrement parce que nous porterions un objet de valeur et serions fiers de la porter en aportant de l’élégance à notre tenue.
Oui oui vous allez me dire que les déficients visuels n’auront pas les moyens de se procurer ces modèles de cannes blanche, que ces cannes blanches coûteraient très chers. Seuls les déficients visuels riches pourraient alors s’en procurer.
Coûter cher et puis quoi ? 
Dans notre société, il y a de nombreux déficients visuels qui ont une vie très aisée , qui ont fait de brillantes carrières dans certains domaines étant non-voyant ou même ont eu des très belles carrières avant de perdre leur vue. Certains appartiennent même à des familles très aisées. Ces déficients visuels sont parfois coincés chez eux à se tourner les pouces parcequ’ils ne peuvent pas exprimer leur réussite, leur confort de vie.
Il existe des déficients visuels qui sont propriétaires de voiture de luxe et les font conduire par leur accompagnateur pour le simple plaisir d’être dans leur véhicule. D’ailleurs, souvenez-vous du film Intouchable interprété par François CLUZET et Omar SY. Dans ce film, on racontait l’histoire d’une personne en fauteuil roulant richissime qui avait des moyens financiers importants. Il était propriétaire d’une grosse berline et justement c’était Omar SY qui la conduisait. Ça faisait plaisir à François CLUZET (handicapé moteur dans le film) d’être assis dans sa grosse voiture et de se balader dans Paris .
Donc c’est pour dire que, dans notre société, il faut accepter qu’il y ait des déficients visuels qui sont plus aisés que d’autres. Ils pourront s’offrir des Cannes Blanches de luxe. Et pour ceux qui n’ont pas de moyens, ils s'achèteront des Cannes Blanches discount « Lidl ». Donc acceptons aussi que nous n’avons pas les mêmes trajectoires de vie.
Rien ne nous empêche de customiser nous même notre canne blanche en nous rendant chez notre cordonnier lui dire de nous coudre un manche avec des tissus ou des sacs ou accessoires que vous n’utilisons plus. TOUT EST DE L’ORDRE DE L’IMAGINATION. Nous avons tous des idées, des fantasmes et des solutions à apporter.

LA CANNE FANTAISISTE 
D’ailleurs ça me rappelle une histoire racontée par une proche « Bernadette ».
Elle m’avait raconté ceci : « Tu sais, j’ai vécu quelque chose d’assez curieux il y a quelques temps. Lors de ma rééducation suite à mon opération du genou, je devais obligatoirement marcher avec une canne. Alors quand je suis allée à la pharmacie. J’ai dit au pharmacien que je ne souhaitais pas avoir une canne traditionnelle, ça risquerait de me déprimer. Je lui ai demandé de me trouver une canne fantaisiste où dessus il y aurait des fleurs ou des fruits, quelque chose de différent et de coloré. Il m’a donc trouvé une canne fantaisiste. Eh bah je peux te dire que quand je l’utilisais, j’étais fière de porter ma canne. Dans le tram, j’attirais l’attention des voyageurs ça créait une communication, des petites rigolades, c’était génial. Les gens me complimentaient sur ma canne, l’admiraient, ils me demandaient où je l’avais trouvée. Ça égaillait mon voyage. C’était même devenu une forme de thérapie. C’est incroyable comment les gens peuvent changer de regard sur toi grâce à une astuce simple, juste une petite idée. Pourtant si j’avais utilisé une canne classique, je n’aurais pas eu ce même regard. »
Déficients visuels cette histoire est très riche et inspirante.
N.B. Je souligne que Bernadette va très bien, qu’elle s’est rétablie. Elle marche sans canne et son genou va très bien. Cette période l’a quand même marquée.
Il est important que les malvoyants se réconcilient avec la canne blanche et qu’ils aient une image positive d’eux-mêmes.
A une certaine époque, porter la canne était un accessoire de mode, de noblesse et d’élégance. Un(e) déficient(e) visuel(le) porter une canne blanche peut être très élégant(e) et séduisant(e).
Balzac disait:
« L’esprit d’un homme se devine à la manière dont il porte sa canne. »

Merci d’avoir lu cet article, s’il vous a intéressé partagez le

                                                                                                       Le koukougnou

P.s. Retrouvez tous les articles du meme auteur, cliquez sur le lien  https://deficientsvisuelslancezvous.wordpress.com ou sur la page Facebook  https://www.facebook.com/deficients.visuels.lancez.vous/

 

Février 2016 

Fashion DV


Une petite révolution dans le regard porté sur la déficience visuelle...

Des couturiers et stylistes alsaciens (Christian Valer, Kévé, Aranel), la Mode à Strasbourg, et Vue (d')Ensemble ont co-organisé ce samedi un événement unique en son genre : Fashion DV.

Au-delà de son originalité, ce concept a permis de soulever un certain nombre de questions, et d'affronter les clichés. Y a-t-il une contradiction entre le fait d'avoir une apparence agréable, d'être belle ou beau alors que l'on ne se voit pas ?

Pas du tout ! Cela fait partie de l'intégration, et surtout cela permet de montrer que l'on vit comme tout le monde. Sans tomber dans les caricatures, les excès que l'on peut voir aujourd'hui, prendre soin de soi, se montrer sous son meilleur jour, c'est avant tout un bien-être.

Quand un public aussi nombreux que ce samedi 6 février au soir, se rassemble autour des modèles, non, mal et bien voyants, sans distinction de handicap ou non, portant la même attention, la même admiration aux tenues, les clichés tombent avec émotion.

Non, la canne n'est pas à cacher. Non, ce n'est pas un objet de honte, comme j'ai pu moi-même le vivre par le passé, comme trop de gens le vivent encore aujourd'hui. Non, il n’y a aucune raison de s’enfermer chez soi à double tour pour cacher sa canne et son handicap. La canne fait partie de nous, bien portée, assumée, elle peut être aussi belle que les yeux de l'amour.

Non, le handicap visuel n'est pas un monde à part. Tous les modèles se sont avancés sur la piste avec la même élégance, avec la même fierté d'oser cette expérience unique. Main dans la main.

Ces jeunes filles, et ce jeune homme de 67 ans, déficients visuels ont apporté une nouvelle pierre à notre volonté, notre combat.

L'une d'entre elles, Priscilla Dauriac, non-voyante, a même créé une association à Paris pour conseiller les autres déficients visuels dans leur démarche. Esthéticienne de formation (!), elle dispense à travers son association "Chouette ton look", tous les conseils pour adapter maquillage et autres soins corporels à tous.

Il est loin le temps où mode, beauté, étaient difficilement conjugables avec déficience visuelle. Chacun a pu en prendre conscience ce soir : les déficients visuels qui ont encore trop souvent honte d'eux-mêmes, qui n'osent pas s'assumer, aussi bien que les voyants encore souvent tentés par un regard misérabiliste sur nous...

Puisse cette réalité d'un soir devenir le quotidien, la norme.

 

Vous avez besoin de conseils, d'astuces, vous voulez vous montrer sous votre meilleur jour?

Que vous soyez un homme ou une femme, ,jeune ou moins jeune, n'hésitez pas !

Chouette ton look : 

https://www.chouettetonlook.fr/contact

Vous les retrouverez également sur Twitter et Facebook

 

Aranel : http://www.aranel-creation.com/

9 Rue de la Dîme, 67720 Weyersheim

 
17 Rue des Serruriers, Strasbourg
 

La boutique Yellow, 11 Place du Temple Neuf, 67000 Strasbourg

ou boutique en ligne http://www.keve.fr

 

Janvier 2015

 

Un pont entre ces femmes qui ont fait l'Histoire d'Alsace, et la jeune garde d'l'Avenir

L'association Vue (d')Ensemble a appuyé l'association des Femmes Remarquables d'Alsace pour une exposition rendant hommage à 40 femmes alsaciennes entrées dans l'histoire et plus particulièrement à l'une d'entre elles : Alice Mosnier, infatigable combattante, qui toute sa vis durant a défendu différentes causes : après avoir combattu dans la Résistance, dans laquelle elle a notamment côtoyé Jean Moulin, elle s'est notamment engagée pour la cause des femmes veuves, et surtout pour l'environnement, participant à la création de la Maison de la Nature à Muttersholtz où se tient cette exposition et de l'ARIENA. Disparue en 2010, elle fut distinguée par la Légion d'honneur.

 L'inauguration de cette exposition a été l'occasion de lancer la nouvelle session de cours de cuisine dirigée par Josiane Sutter, elle-même une femme d'exception, qui par son sourire et son éternelle jovialité transmet son amour pour la cuisine àla fois simple et délicieuse. Un groupe d'une dizaine de membres de l'association a ainsi allègrement participé à la préparation du buffet qui a été servi aux nombreux convives, ravis, de cette manifestation.
Parmi toutes les femmes distinguées, l'une d'entre elles a bien sûr attiré notre regard : Sainte-Odile, qui déjà en son temps, il y a plus de 1300 ans, prouvait que l'on pouvait parvenir à de grandes choses, malgré la cécité. Elle devint, comme vous le savez sans doute, Sainte patronne de l'Alsace en 1945.
Les prochains cours de cuisine auront lieu les samedi 31 janvier, 7 et 21 février, toujours à la Maison de la Nature à Muttersholtz.
L'exposition est à voir jusqu'au 28 février inclus.
Le site Internet de l'association :
http://femmesremarquablesalsace.com

 

Nicolas LIBDER

Février 2014

 

Kefil HOUSSOU, Professeur en sciences économiques et sociales, essayiste, nous a contactés suite à un voyage qui l'a particulièrement marqué. Durant ce voyage, il a pu côtoyer de nombreuses personnes handicapées et se rendre compte de la difficulté de leur quotidien. Vue (d')Ensemble, par son action quotidienne, essaie de prouver qu'on peut faire beaucoup plus qu'on ne se l'imagine quand on est déficient visuel, mais n'ignore pas que cela ne serait pas possible partout dans le monde. Ce texte n'est pas un acte d'accusation, mais un appel universel à l'éveil des consciences, par delà les frontières, par delà les cultures, pour que nulle part dans le monde, handicap ne puisse rimer avec discrimination.

 

Un si long chemin reste à parcourir pour changer la vision du handicap !


Mon retour au pays en Juin 2012 m'a fendu le cœur et m'a poussé à prendre la plume pour exprimer mon indignation à travers ce texte :


Il faut beaucoup de courage et de sang-froid pour être handicapé dans nombre de pays.

Y être handicapé, quelle qu’en soit la forme, est un calvaire éternel car les personnes dans cette situation la vivent bien péniblement. Porter un handicap ou en souffrir, rend plus pénible le quotidien de son porteur. En effet, s’il est incontestable que le handicap, c’est aussi ou surtout dans les yeux de l’Autre, en permanence, le regard dans lequel son appréciation peut se manifester, peut le montrer différemment. S’il va de la pitié jusqu’à parfois l’insupportable condescendance, il prend des formes humiliantes quand il cristallise le mépris et l’insulte, comme j’ai pu le voir trop souvent. Toutes ces formes s’y rencontrent trop souvent, avec un dénominateur commun : la marginalisation ou l’exclusion, au choix. Le handicap est comme une damnation ; la personne handicapée est un condamné d’une société catégorisante ! 


Il est difficile pour les gens dits « normaux », parce que sans handicap visible, de traiter normalement, sans contrainte, sur une base égalitaire, les « autres », les handicapés, si ceux-ci n’acceptent pas de subir stoïquement leurs humiliations, brimades et exclusions. En somme, qui sont-ils ces « sous-hommes » handicapés pour oser s’égaler avec eux, « les hommes » ? Généralement, sauf hypocrisie et rare sincérité, il faut beaucoup de courage pour être personne handicapée dans de nombreux pays, par exemple certains d’Afrique de l’Ouest : à intelligence égale, cette personne ne sera presque jamais PREMIERE. Si dans un rare contexte, elle arrive à l’être, tous les blocages et problèmes pourront lui être opposés. La situation est si sournoise que j’ai pu constater qu’elle n’épargne même pas les organisations internationales de développement : à maints égards, le clientélisme est bien là et met en parfaite asymétrie la personne handicapée.


La différence énerve et pousse à la déraison. Les exceptions extrêmes qui ont bénéficié de circonstances exceptionnelles d’équité et d’objectivité, perdurent rarement. Si les personnes handicapées, de façon générale, sont mal vues, il semble quand même y avoir des variations régionales, comme le montre la promotion des personnes handicapées dans la dynamique du Ministre béninois en charge des personnes handicapées.


A tel endroit, les personnes, handicapées sont laissées dehors sous la pluie pour attendre une audience. A l’école, les demandes de  traitement égalitaire sont souvent finalement considérées comme de l’aumône plus qu’un devoir. Il reste tant à faire et les déclarations de bonnes intentions ne règlent pas les difficultés de ces personnes. Au contraire !

 

Un épisode douloureux m'a particulièrement marqué. Maxime, jeune diplômé d'une maîtrise en sociologie et en situation de handicap ,s'est suicidé car chaque fois qu'il allait demander du travail, les gens lui faisaient comprendre qu'il n'avait pas sa place. Non pas pour son mérite mais parce qu'il était en fauteuil roulant. La veille de son décès, il me faisait comprendre qu'il ne comprenait pas. La dernière phrase qu'il me prononça avant qu'on ne se sépare était  " Kefil, je ne demande pas aux gens d'avoir pitié de moi. Je leur demande juste de la considération, du respect, car je fais quand même partie de l'espèce humaine ". A mon retour en France, j'apprenais qu'il s'était donné la mort en se jetant dans un puits. Voila le sort qu’on a réservé à ce garçon et à tant de personnes handicapées.


Pourtant, qui peut avoir l’outrecuidance ou la myopie de se penser à l’abri du handicap ou d’une invalidité, quand il suffit par exemple d’un faux-pas, d’une opération chirurgicale mal soldée, ou d’un caprice de la vie pour que le handicap arrive ? Je crois que ces « hommes normaux » semblent simplement nier ou rejeter l’image de leur devenir plausible ou de leur potentiel futur !


On a déjà vu des gens dits normaux, auparavant arrogants, fringants et paradeurs se retrouver, au milieu ou au soir de leur vie tellement amoindris ! Des « bien voyants » se retrouver aveugles, du jour au lendemain, des suites d’un glaucome mal maîtrisé ! Les « bien portants » d’aujourd’hui ne sont que potentiellement les malades, les handicapés de demain ! Ceux qui maltraitent ou humilient les personnes handicapées aujourd’hui, devraient plutôt savoir raison garder et se dire que leur tour viendra d’être humiliés et marginalisés, fatalement, s’ils n’y prennent garde !


Kefil HOUSSOU

Octobre 2013


2.

 

Ce chiffre ridicule rappellera à ma famille ma moyenne de maths en seconde. Mais c'est aussi le nombre d'utilisateurs de la canne électronique à Strasbourg. Pourtant leur nombre ne cesse d'augmenter en France et les différents centres de formations forment déjà 100 personnes par an, chiffre en constante augmentation, quand seules 80 personnes peuvent bénéficier chaque année d'un chien guide.

Ce chiffre peut en partie s'expliquer par le fait que le centre de formation le plus proche se situe à Angers, mais le manque d'information n'y est sans doute pas non plus étranger. Remédions-y dès maintenant!

La canne électronique, ça sert à quoi?

Rétroviseurs, branches d'arbres, rembardes, les obstacles en hauteur ne manquent pas. Pourtant l'historique canne blanche est bien démunie pour sécuriser non et malvoyants face à ces dangers de leur quotidien et les accidents s'ensuivent immanquablement. Au 21ème siècle, il était temps de réagir! Et c'est ce qu'a fait René Farcy, enseignant, chercheur au CNRS, agrégé en électronique. Il s'est consacré des années durant entouré de différents spécialistes à l'élaboration de cette formidable avancée technologique.

D'abord bien encombrant, le système a été miniaturisé et est aujourd'hui discret, échappant souvent aux voyants non avertis. Munie d'un laser et d'un système à infrarouge, cette canne est capable d'avertir l'utilisateur d'un obstacle à une distance prédéfinie par celui-ci. Ainsi, Gérard Muller, le fameux aveugle insensé qui voulait voir autrement du livre de Chantal Serrière (voir plus bas) a demandé à être averti 6 mètres à l'avance, lui procurant une aisance et une fluidité dans la marche  qu'il n'avait plus connue depuis qu'il a perdu la vue, esquivant poubelles, poteaux et personnes tout en jaugeant la distance des murs. De la même manière, le vibreur du boitier de la canne s'emballera pour les obstacles en hauteur. Une formation permet à l'utilisateur à apprendre à interpréter toutes les informations que celle-ci pourra lui donner.

Mon avis:

Utilisateur d'une canne blanche depuis 10 ans, j'ai essayé cette canne dans les rues de Strasbourg lors d'une démonstration. Partiellement aveugle (je ne possède qu'une petite vision centrale de l'oeil gauche), j'ai eu cette sensation étrange que mon monde s'élargissait: le monde hors de mon champ visuel prenait corps à travers les vibrations de ma canne, et plus seulement au moment où il se rappelait à moi de façon plus ou moins agréable (plutôt moins que plus) pour mon nombril au moment du choc entre ma canne et l'obstacle qui n'aura pas eu la présence d'esprit de s'écarter de mon chemin! De plus, n'étant pas un fada des chiens, la canne électronique a différents avantages à mes yeux: elle ne demande pas à être sortie pour faire ses besoins, elle n'aboie pas et ne perd aucun poil (elle apporte par contre peu d'amour comme le ferait un chien. Chacun sera donc libre de faire son choix sur ce plan).

Comment se procurer la canne électronique?

Pour l'instant, l'école la plus proche qui la propose se situe à Angers. Dans quelques mois, celle de Woippy en Moselle, bien connue jusqu'à présent pour ses chiens guides devrait s'ouvrir à ce service.

Après un bref test d'évaluation, 2 semaines de formation sur place sont obligatoires. Mais seul le cout du transport est à la charge du déficient visuel. Un délai très raisonnable de 3 mois est à prévoir. Une remise à niveau est prévue tous les 2 ans. Sur le modèle de ce qui se fait pour les chiens guides, les cannes électroniques sont mises à disposition gratuitement par le centre, restant la propriété de celui-ci. En cas de difficulté d'utilisation, il est possible de contacter le centre pour tout type de conseils. En cas de panne, elle est remplacée au plus vite!

Alors, le nombre d'utilisateurs strasbourgeois va-t-il enfin surpasser ma moyenne de maths?

Pour plus d'infos cliquez sur le lien, voir le dossier:
http://www.chien-guide.org/la-canne-blanche-electronique.php

 

NICOLAS LINDER

Mai 2013

AHOULA OULA !!! Le petit Zékéyé et la jeune fille aveugle Maïna éveillent de futures grandes consciences chez les tout petits

La médiathèque Olympe de Gouges accueillait hier Vue (d')Ensemble, ses partenaires l'ARAHM, Unis-Cités et le maitre de cérémonie, le conteur camerounais Tina Emmanuel, qui a su donner vie comme personne, sous l'oeil attentif de France 3 Alsace et des DNA à ses petits personnages: Zékéyé et Maïna.
Le public, pour la plupart haut comme 3 pommes, n'a su résister et a été charmé par ses musiques, ses chants, cette histoire, ces personnages accessibles au toucher.
Le message de ce conte africain a été clair et émouvant! Ainsi donc, Maïna, cette petite fille aveugle, avec qui seul Zékéyé acceptait de jouer a-t-elle des capacités que les autres n'ont pas? Cette petite fille rejetée saura ne pas en tenir rigueur à ses camarades? Cette enfant, soi disant ennuyeuse "car il faut toujours l'aider", saura sortir ses petits compagnons d'un très mauvais pas, et même... Des griffes du féroce... Lion!
Comment? Vous le découvrirez lors des prochaines représentations de ce conte... 
Il a été le fruit d'une synergie entre tous ces acteurs, pour le plus grand bonheur des petits et des grands, frappés par la poésie, mais aussi la force du message, qui a bien souvent renvoyé les déficients visuels à leur propre enfance, mais nous ne pouvons que nous réjouir en voyant tous ces enfants, ces amis, collègues, citoyens de demain, sensibilisés si jeunes aux différences. Vue (d')Ensemble remercie chaleureusement tous ceux qui ont donné du temps, de l'énergie et du talent pour la mettre en scène, et en particulier les plus petits et Tina Emmanuel. Nous n'aurons de cesse que de poursuivre cette mission de sensibilisation que nous nous sommes fixé
Nicolas LINDER
Avril 2013             
                                                                                                    
Le Théâtre national de Strasbourg ouvre grand les portes du sixième Art aux publics déficients visuels. La moitié des pièces, sélectionnées pour leur difficulté d'accès visuel. représentées chaque année dans le mythique théâtre de la place de la République sont ainsi mises en audio description et un casque est mis à disposition gratuitement du public non ou malvoyant, de la même façon qu'un casque amplificateur est proposé aux personnes déficientes auditives. Ces audio descriptions ne sont pas enregistrées, mais bel et bien édictées au fur et à mesure de la pièce. Un exercice difficile, que semble apprécier l'équipe!
Tout est alors mis en place pour nous accueillir dans les meilleures conditions: plus grande mobilisation de personnel, accompagnement des personnes handicapées dès l'arrêt de tram République sur simple demande...
La salle est également ouverte 20 minutes avant le début de la pièce afin que nous puissions toucher une maquette de la scène, et bénéficier d'une mise en situation. Les soirs d'audio description, le TNS essaie aussi d'organiser un bord de scène pour échanger avec comédiens et metteurs en scène!
Vue (d')Ensemble a donc décidé de tester tous ces services! Et a pré-réservé pour vous des places pour la pièce "Gauvain et le chevalier vert" le jeudi 30 mai prochain. Une nouvelle occasion de se retrouver pour un moment de culture et de plaisir!
Pour réserver AVANT LE 15 MAI (que vous soyez déficient visuel ou non): nlinder.vuedensemble@gmail.com - merci de préciser si vous bénéficiez d'un tarif étudiants, chômeurs, carte culture).
Coordonnées du Théâtre national de Strasbourg:
Avenue de la Marseillaise
Téléphone: 03.88.24.88.08
Site internet: www.tns.fr
A noter: à la fin de chaque saison le TNS reçoit les associations représentant les déficients visuels pour préparer au mieux la saison d'audio description suivante. Vue (d')Ensemble fera partie pour la première fois cette année de ces associations



Nicolas LINDER

Février 2013                                                                                                                                                                                    Le 25 janvier 2013 Vue (d')Ensemble avait le plaisir d’accueillir Fabienne Rakitic lors de notre première conférence qui avait pour thème : « entrée des déficients visuels dans la vie active ». Coordinatrice de la mission handicap de l’Université de Strasbourg depuis 4 ans, elle a impulsé, entourée de son équipe, une dynamique nouvelle pour l’adaptation de la vie étudiante aux personnes handicapées dans la plus grande université de France.
Les statistiques du chômage sont astronomiques dans la population déficiente visuelle : autour de 30 % quand ce chiffre atteint 10 % dans la population générale et 20 % chez les personnes handicapées en général. Comme nous l’avons vu lors de cette conférence, les raisons de cette réalité sont multiples et sont notamment dues au niveau de qualification qui reste trop bas. Mais le monde universitaire fait toujours plus d’efforts pour ouvrir ses portes aux personnes handicapées. Aujourd’hui 247 étudiants handicapés sont recensés à l’Université de Strasbourg. Ce chiffre reste trop faible par rapport aux 42 000 étudiants de l’université, mais il est en constante augmentation. Est-ce parce-qu’ils sont réellement de plus en plus nombreux ? Parce qu’ils se signalent davantage ? Dans les deux cas on ne peut que s’en réjouir, même si la marche est encore haute pour que l’université devienne réellement représentative de la mixité de la population sur ce plan.
230 de ces personnes ont demandé un aménagement de leur parcours d’études, que cela soit durant les cours ou pour les examens. Les aides se mettent aussi petit à petit en place en amont et en aval de l’université, puisque les difficultés d’intégration ne s’arrêtent pas à la fin du cursus universitaire. C’est même souvent tout le contraire. L’université expérimente donc le programme « Univers Emploi », véritable méthodologie d'accompagnement qui tend à proposer de véritables immersions dans le monde du travail le plus tôt possible, grâce notamment à la rencontre entre un référent professionnel et un étudiant handicapé, ce qui permet de faire tomber certaines appréhensions de part et d’autre. L’université prend véritablement conscience de l’importance que revêt une bonne orientation, c’est pourquoi elle travaille en lien étroit avec le secondaire pour tenir compte le plus tôt possibles des compétences et des limites de l'élève.
Les soutiens proposés en cours de cursus peuvent être aussi bien humains que techniques. Les étudiants déficients visuels peuvent ainsi         bénéficier de matériel adapté, d’agrandissements de documents, dont on peut aussi modifier le contraste. Un étudiant relais, rémunéré pour cela, peut aussi prendre des notes et aider durant les révisions. L’étudiant peut aussi être soutenu pour apprendre à se déplacer sur le campus et en ville. L’université de Strasbourg va d’ailleurs prochainement lancer un appel à projets pour développer un outil tout à fait         novateur de géolocalisation sur le campus accessible depuis son smartphone. Enfin, les enseignants sont de plus en plus sensibilisés à la question, et seront bientôt outillés d’un guide pratique d’accueil et d'accompagnement pédagogique des étudiants déficients visuels.
Espérons qu’avec tout cela les appréhensions des déficients visuels tombent vis-à-vis de l’Université, institution souvent         perçue comme déshumanisée et inaccessible. Les étudiants sont les employés qualifiés de demain que les employeurs disent rechercher et plusieurs de nos membres peuvent en témoigner : on peut réussir à l’Université quand on est déficient visuel !
Let's study together !
Coordonnées:
Fabienne RAKITIC
Coordinatrice de la Mission Handicap
Service de la Vie Universitaire
22 rue René Descartes
F - 67084 Strasbourg cedex 



Nicolas LINDER

 

Lundi 7/01/13

Être Handicap Information


Dans sa volonté continuelle de vous informer sur toutes les questions qui ont trait au handicap et à l'insertion dans la société, Vue (d')Ensemble vous a dégoté un site internet et un magazine fort intéressants et, pour une fois, très divers dans les sujets qu'il aborde: Être, handicap information. 
Être! Ce mot est à lui seul tout un programme, comme le sommaire de ce magazine. Un excellent filon pour rester informé: "Le magazine a la volonté de recenser toutes les informations utiles dans tous les domaines (médical, social, juridique, professionnel, culturel...) et entend instaurer un dialogue entre les personnes handicapées et les milieux sociaux et médicaux, les associations, les collectivités territoriales et les entreprises."
Nous l'avons beaucoup apprécié pour son côté concret. Il aborde en effet un maximum de thèmes du quotidien des personnes handicapées et constitue un véritable guide de survie dans la jungle législative qui entoure le monde du handicap: emploi, scolarisation des enfants, accessibilité des bâtiments... Les textes ne cessent d'évoluer et le nombre d'interlocuteurs est pléthorique!
Le site Internet comprend aussi une rubrique "Agenda" qui vous permettra de rester informé des grands événements à venir...
Pour plus d'informations:

http://www.etrehandicap.com/

Abonnement magazine: 6 numéros/an, 33 € - abonnement possible depuis le site; il est aussi possible de commander d'anciens numéros depuis la rubrique "boutique"

Nicolas LINDER

Novembre 2012

    

Gérard MULLER L'aveugle insensé

 

Ce jeudi 9 novembre 2012, de nombreux membres de Vue (d')ensemble ont eu le grand plaisir de rencontrer un personnage hors du commun. Derrière une personnalité joviale, simple, et pleine d'humour comme l'Alsace sait en produire, Gérard Muller cache une autre facette: il est de la trempe de ceux qui ne fixent pas de limites à leurs rêves, et qui les réalisent, un Félix Baumgartner à canne blanche. Dans une société dans laquelle 90 % des personnes déficientes visuelles n'ont que très peu de vie sociale, Gérard Muller est un exemple pour tous.

Gérard Muller, qui dirige l'association Yvoir, a une passion dévorante: le vélo. Et ce n'est pas la perte de la vue qui aurait pu le séparer de sa "petite reine". Et c'est désormais en tandem que celui qui a été élu Alsacien de l'année 2011 parcourt les routes du monde entier. Aventurier au grand coeur, il partage ses émotions et ses sensations en organisant des voyages souvent dépaysants, ouverts à d'autres déficients visuels. Il essaie même de venir en aide aux populations des sites visités, notamment aux aveugles, qui sont encore considérés comme une "malédiction" par certaines sociétés. Son prochain défi le mènera sur les chemins burkinabés avec le soutien de l'association "Des vélos pour le Faso" et pour la logistique, "ASO", organisateur du tour du Burkina Faso et du tour de France.

Entre deux "virées" à travers l'Europe, le Brésil ou la Chine, Gérard Muller a fait le tour de la Corse en tandem. Et c'est précisément cette traversée de l'Ile de (toute) beauté, qui est retracée dans le documentaire "Voir la Corse autrement" auquel nous avons assisté ce jeudi soir au cinéma Vox à Strasbourg. Il y explique sa façon de percevoir la magie des lieux sans ses yeux et, bon vivant qu'il est, il prouve qu'il n'y a pas de raison de s'abstenir de profiter de toutes les bonnes choses qu'offre la vie! (Aaaah, pourquoi le cinéma ne permet-il pas encore d'activer les papilles à la vue d'un délicieux jambon corse?). 

Le documentaire a été suivi d'un petit débat et d'une séance de questions, qui a souligné une fois de plus l'isolement dans lequel se trouvent de trop nombreuses personnes handicapées et la nécessité que des associations telles que "Vue (d')ensemble" lancent une dynamique et multiplient les activités proposées.

La soirée s'est conclue par une dédicace du livre qui lui est consacré: "L'Aveugle insensé qui voulait voir autrement* ".  Écrit par Chantal Serrière, professeur de Lettres, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l'Afrique, il raconte le parcours sans cesse parsemé de défis de Gérard Muller. 

 Insensé? Gérard Muller l'est peut-être, mais il aura su donner un sens à sa vie malgré le handicap et insuffler aux autres sa force et sa joie de vivre. Nous aurons le plaisir de le rencontrer à nouveau ultérieurement pour mettre nos énergies en synergie.

* Chantal Serrière (Cliquez ici) "L'Aveugle insensé qui voulait voir autrement", Do Bentzinger, 2012, ISBN: 2849603600, 20 ? (le livre audio est fourni pour le rendre accessible au plus grand nombre). Droits d'auteur entièrement reversés â l'Institut de la Vision contre la cécité

 

Nicolas LINDER

Octobre 2012

 

Ils accompagnent les déficients visuels 

 

                             SAVS A – LES CANNES BLANCHES

 

Vendredi 12 octobre 2012 à Strasbourg, nous avons rencontré M. Jean Jacques BOEGLIN président de l'association "Les Cannes Blanches" et Mme Corinne ALLEGRETTI responsable du SAVS.A.
Cette association est ?un Service d?Accompagnement à la Vie Sociale pour Aveugles,elle  est ouverte à Strasbourg depuis 2007 à l?initiative de l?Association des Aveugles et Amblyopes d?Alsace Lorraine (AAAL) puis, est passée en 2009, sous la responsabilité de l?Association LES CANNES BLANCHES dont le Président est M. Boeglin.
C?est un service financé par le Conseil Général du Bas-Rhin pour une capacité d?accueil de 40 places.
Les locaux sont situés dans le quartier de la Krutenau.et l?équipe est composée de quatre professionnelles :
- Une Psychologue responsable de service,
- Une Instructrice en locomotion
- Une Conseillère en Economie Sociale et Familiale
- Une ergothérapeute.

Cette équipe assure le suivi d?adultes Bas-rhinois, déficients visuels, orientés par la Maison Départementale des Personnes Handicapées.
Le SAVS A s?adresse à des personnes ayant de réelles envies et possibilités d?autonomie et prêtes à s?investir dans la recherche et l?application de nouveaux gestes et nouvelles habitudes, pour leurs déplacements (technique de canne et instruction en locomotion) ou pour la gestion de leur quotidien, en termes d?aménagement, de réadaptation ou d?équipement.

A l?admission, un contrat est signé entre l?usager et le service, contrat dont la durée est fonction de l?évolution de la situation.
Le service collabore avec des professionnels de santé mais aussi avec d?autres organismes ou associations dédiés au handicap, afin de mutualiser et diversifier ses moyens.
Un groupe de paroles sur le thème de la malvoyance a ainsi été créé en collaboration avec le Centre de référence pour les affections en génétique ophtalmologique (CARGO). Animé par Mme PARIS, psychologue, c?est un groupe gratuit et ouvert toute l?année (groupe d?une heure et demie, un lundi après-midi par mois - Planning sur demande).
Une collaboration est également à l?étude avec la section «CALIF» de l?AAAL pour des formations en informatique adaptée.

Les activités du SAVS A ne se substituent pas aux ressources locales (transport adapté, mise à disposition de personnel, etc.).
Un petit recueil des adresses à connaître en ce qui concerne le handicap visuel a d?ailleurs été élaboré par les professionnels du service et est disponible par mail ou courrier postal à la demande.
N?hésitez pas à prendre contact. Un premier échange peut utilement se faire avant l?instruction du dossier MDPH.
 
Pour toute information:
Corinne ALLEGRETTI - Responsable de service
SAVS A ? LES CANNES BLANCHES
12 rue Sengenwald
67000 Strasbourg
Tél : 03.88.36.10.28
Ou 06.71.97.45.29
E mail : savsa@sfr.fr
 
(Copie du texte de la plaquette de l'association)
 
Ce nouvel échange inter associatif donnera lieu à des organisations d'activités communes autour de l'information et du loisir.
 

Nicolas LINDER

Octobre 2012

 

 Ils offrent leur voix à ceux qui perdent la vue

 

Vendredi 5 octobre, nous avons rencontré au coeur de Strasbourg Colombine Steck, bénévole à "l'association des donneurs de voix de Strasbourg". Cette association regroupe une trentaine de personnes qui offrent leur voix et leur temps libre pour permettre à tous les déficients visuels d'accéder au monde merveilleux des livres. Déjà riche de 1000 ouvrages, leur catalogue ne demande qu'à s'enrichir et les audio-lecteurs attendent toutes   vos propositions pour le mettre toujours davantage au goût du jour.

L'association, créée il y a 40 ans, n'a cessé d'évoluer avec son temps, et les cassettes ont petit à petit laissé la place aux cd-rom utilisables sur ordinateur ou différents lecteurs audio, souvent au format mp3. Il existe aussi un lecteur simplifié pour les personnes moins à l'aise avec l'outil informatique: le reader "Victor". Il permet par exemple d'enregistrer la page à laquelle vous aurez interrompu l'écoute, de passer facilement d'une page à l'autre ou de régler la vitesse de lecture.
La bibliothèque sonore de Strasbourg fait partie d'un réseau national de 120 bibliothèques, ce qui permet de lancer une recherche nationale d'un ouvrage sur le site: www.advbs.fr.
A noter: une grande nouveauté, puisqu'il est désormais possible d'y télécharger différentes revues.

Pour s'inscrire, rien de plus facile: l'adhésion est gratuite sur simple présentation d'une carte d'invalidité ou d'un certificat médical. Elle est possible pour toute personne non ou malvoyante, mais aussi pour toute personne présentant un handicap moteur rendant la lecture difficile.

Voici les coordonnées:

Bibliothèque sonore
2, rue du Bouclier
67000 Strasbourg (à 5 minutes à pied de l'arrêt de tram Grand'rue)
Tél: 03.88.75.71.77
Courriel: bsstrasbourg@wanadoo.fr
Site national: www.advbs.fr

Horaires d'ouvertures:
- Mardi de 14h30 â 17h
- Samedi de 9h à 11h30
Il est également possible d'effectuer gratuitement des emprunts par voie postale (se renseigner)

Ce nouvel échange inter-associatif donnera lieu à une activité commune autour des livres, source infinie de loisir et de savoir à laquelle nous souhaiter que chacun puisse avoir accès.

 

Nicolas LINDER

Teaser Défi Bïkal 

Les clichés du Défi Baikal par S. BRUNNER/ SOMEWHERE CLUB

Commentaires

Veuillez entrer le code.
* Champs obligatoires
  • nonnenmacher (vendredi, 07. octobre 2016 10:41)

    Un petit commentaire concernant la rando by night du 23 septembre 2016. Pour moi c'était une première. Super sortie super concept. A renouveler de toute urgence.

Vue (d') Ensemble a obtenu la marque Alsace,
  et participe au rayonnement de la région Alsace